Le choix d'un espace colorimétrique à la prise de vue

Publié le : 23/12/2020 10:56:37
Catégories : Tutoriels

Le choix d'un espace colorimétrique à la prise de vue

Espaces colorimétriques sRGB, AdobeRGB, ProPhoto... De quoi parle-t-on ?

On se plonge dans la documentation ou les menus de son appareil photo en espérant mieux le maîtriser. Malheureusement, certaines options ne sont pas du tout explicites. Il en va ainsi du choix d’espace colorimétrique : les espaces sRGB ou Adobe RGB sont traditionnellement proposés par le boîtier...

A quoi cela correspond-il ? Que faut-il choisir ?

Avant de répondre à cette question, rappelons tout d’abord que ce choix n’impactera que la production des Jpeg par le boîtier. Les fichiers Raw générés pas l’appareil ne sont pas concernés par ce choix, qui sera effectué ultérieurement (au développement et à la conversion) dans l'outil de traitement d’images.

Pour faire simple, disons que les professionnels des industries graphiques se sont mis d’accord pour définir des espaces colorimétriques de référence, ainsi que la notion de profil ICC, de manière à :

  •        caractériser les performances, toutes différentes, des différents maillons de la chaîne en termes de reproduction des couleurs (à la prise de vue, à la visualisation, à l’impression)
  •        permettre une interprétation correcte des couleurs au passage entre ces différents maillons.

C'est ainsi qu'une image développée doit absolument comporter une indication d’espace colorimétrique de référence.

L’espace sRGB ou standard Red Green Blue est théoriquement reproduit par tous les écrans d’ordinateurs, c’est un « plus petit dénominateur commun » dans le monde de la reproduction des couleurs. Il représente une palette colorimétrique raisonnablement étendue, mais qui ne permet pas, loin de là, de reproduire toutes les couleurs perçues par la vision humaine. 

Il se trouve que la grande majorité des filières d’impression présente une palette proche de sRGB. En standard, certaines configurations imprimante/encres/papiers dépassent un peu, pour certaines teintes, cet espace cible. Voilà pourquoi il est encore impossible de nos jours de reproduire certaines nuances, par exemple de verts ou de jaunes très saturées… Sauf à utiliser des encres spéciales.

Bien qu’il fût initialement conçu pour l’impression, l’espace Adobe RGB sert actuellement de cible aux moniteurs utilisés par les professionnels. Il s’approche davantage de la vision humaine, sans toutefois lui correspondre complètement. En pratique, il est reproduit (à 99 %) par les écrans type Arts Graphiques de certaines grandes marques, qui sont aussi plus coûteux que les écrans traditionnels (sRGB). Sur ces moniteurs, les images affichent des couleurs plus saturées et les dégradés de teintes sont également mieux reproduits. Certaines filières de reproduction d’images particulièrement performantes, telles que la sublimation, s’aventurent quelque peu dans l’espace Adobe RGB (au delà de sRGB), mais malheureusement pas pour toutes les teintes du spectre visible.

Les performances natives de la plupart des capteurs d’appareils photo correspondent quant à elles à un espace colorimétrique encore plus étendu, qui en première approximation correspond à l’espace ProPhoto, le plus vaste de tous. Malheureusement, dans l'état actuel de la technique, aucun écran (et à fortiori aucune filière d'impression) ne permet de l'atteindre !

Pour en revenir à la prise de vue en jpeg, il est normal que l’appareil permette le choix d’un espace colorimétrique puisque dans ce cas c’est le processeur du boîtier qui effectue le développement de l’image. Et la question du choix de cet espace renvoie notamment au type d’écran qui sera utilisé pour visualiser et éventuellement pour traiter les images. Cela étant, nous avons vu dans les publications précédentes qu'il fallait éviter de retraiter des jpeg.

S’il s’agit de poster sur internet des jpeg directement sortis du boîtier, autant choisir sRGB puisque la plupart des navigateurs web et des écrans ne représentent pas Adobe RGB (et encore moins ProPhoto). Ce choix est également justifié par le fait que dans un Jpeg, les composantes R,G et B ne sont codées que sur 8 bits. Autant ne pas chercher à représenter un espace colorimétrique trop vaste avec cette précision juste correcte...

Et si vous shootez en Raw, le choix de l'espace colorimétrique de travail se fera à l'ouverture du logiciel de traitement d'image. Nous verrons dans de futurs articles comment réaliser ce choix...

Suivez régulièrement ce fil pour d’autres conseils sur la prise de vue, le traitement et l’impression de vos images…

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